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9/18/2009 La disparition, the end... euh, peut-être pas !Pour ceux qui n'ont pas lu les premières pages, cliquer ICI
Allons bon, ça ne s’arrangeait pas ! Le lendemain matin, lorsque Maxime Dussolier ouvrit les yeux, il eut une vision : la fille de la veille dans l’encadrement de la fenêtre de sa chambre d’hôtel. Mince comme un roseau avec des mèches brunes indisciplinées qui s’échappaient d’une casquette assortie à son pantalon de treillis, elle lui adressa un petit signe de la main juste avant de disparaître dans la lumière terne du petit jour. Complètement halluciné, il se frotta les yeux. Non, il était seul. Seul avec un impitoyable mal de crâne qui venait de le tirer de ce sommeil de plomb dans lequel il avait sombré aussitôt rentré, alors qu’il était fortement alcoolisé. Comment était-il rentré, d’ailleurs ? Sans doute dans ce même état somnambulique dans lequel il se trouvait au moment où il jeta un premier regard sur le Puy de Dôme qui émergeait à peine des brumes matinales. Les vieux immeubles sombres en pierre de Volvic repoussaient les premiers rayons du soleil, mais le jour maintenant complètement levé teintait les pavés disjoints d’un gris bleuté. Et non, il n’y avait pas de corps écrasé sur le trottoir, elle n’avait donc pas sauté de la fenêtre. A cette heure-là, la rue était déserte et les appartements avaient encore leurs volets clos. Tout paraissait tristement banal, et pourtant ce qui allait suivre ne collerait plus du tout à ce monde normal.
Si il y avait une chose que Maxime Dussolier avait bien retenue en vingt ans de métier, c’est que personne ne peut prévoir la réaction de quelqu’un, que le trois quart du temps, on se plante en beauté, pour une simple et bonne raison : la réalité dans laquelle les autres vivent est complètement différente de la notre. Et donc pourquoi cette impression soudaine d’avoir foiré son enquête ? Il n’allait pas tarder à le savoir. Tandis qu’il se trouvait en pleine séance défécatoire, son portable sonna dans une poche de son jean descendu jusqu’aux pieds. -Allô ? C’est moi. -C’est moi aussi, qu’il répondit sur un ton agressif teinté d’ironie. Mais vous êtes où, Leila, bordel de merde ?! -Sur l’île de Ré avec Gladys. Oui, j’ai pas pu vous appeler de Clermont, j’avais oublié le chargeur de mon portable. Bref, elles avaient fait Clermont-Ferrand-Paris Gare de Lyon et Paris Montparnasse-La Rochelle avec, entre temps, une nuit à l’appartement où Leila avait récupéré son chargeur, et c’est en car qu’elle avaient passé le pont et gagné Saint Clément des Baleines au bout de l’île. -Vous êtes assis, là ? -Euh, oui, sur le trône, mais pourquoi cette question ? -Ben voilà, on a trouvé facilement la maison de la grand-mère de Fanny, mais comme tout était fermé et le jardin à l’abandon, on a préféré faire notre enquête de voisinage avant de vous appeler. Et on est tombée sur une vieille Rhétaise qui nous a appris qu’ils étaient encore en recherche d’héritiers, car, en fait, la grand-mère est morte seulement l’année dernière. -Oui, et alors ? -Alors, c’est la petite-fille qui a disparu à l’âge de dix ans, le jour où ses parents ont eu un accident sur l’A10. On a retrouvé les deux corps calcinés dans la voiture qui a brûlé, mais pas celui de leur fille qui ne s’appelait d’ailleurs pas Fanny, mais Laurie. Putain, Laurie ! Maxime Dussolier lâcha encore deux ou trois jurons. Fallait qu’il arrête de boire s’il ne voulait pas se faire virer de la police. -Ecoutez Leila, on se rappelle plus tard. Il tira la chaine après s’être essuyé à la va-vite, et c’est totalement dessoulé qu’il remonta son caleçon et son jean, l’air vraiment pas content d’être sur terre. Ben quoi, cette gamine n’avait pas été enlevée par des martiens ?! Laurie, Fanny… il s’agissait d’une seule et même personne. Là-dessus Maxime Dussolier n’avait pas le moindre doute. Mais ce qui le mettait d’aussi méchante humeur, c’est cette certitude d’être soudainement entré dans la quatrième dimension. C’est cela, souriez ! N’empêche que la fille lui avait dit s’appeler Laurie et qu’elle portait ce fameux treillis décrit par Leila. Il se souvenait de tout, à présent…
Il prit une douche super rapide, le temps de se savonner de la tête aux pieds, alternant les jets d’eau brûlante et glacée, enfila un jean et un T-shirt propres, puis entreprit de chercher ce fameux grand bloc quadrillé, le manuscrit de Fanny. Il fouilla fébrilement et inutilement son sac de voyage, car il était sûr et certain de l’avoir laissé sur la table de chevet, du côté où il dormait habituellement, à la droite du lit. Eh bien disparu ! Impossible de mettre la main dessus ! Dans la minute suivante et comme mu par une impulsion irrésistible, Maxime Dussolier se retrouva dans la rue, chancelant dans un rayon de soleil, respirant à pleins poumons, car il n’y avait pas encore trop de circulation et l’air de Clermont- Ferrand lui semblait quand même meilleur que celui de Paris… Aucun bruit, non plus, sinon celui de ses chaussures sur les pavés disjoints… Plus que quelques instants, et il serait définitivement fixé sur son état de santé mentale.
-Ah nan, monsieur, puisque j’vous dis qu’il n’y avait personne, hier soir, à la table que vous me montrez. La patronne du bistrot souriait vaguement en lui préparant un double express au percolateur. « Ben, c’est que vous en teniez une bonne » (ça la fichait bien)… Assis sur le haut tabouret de bar, Maxime Dussolier se prit la tête entre les mains… Nous sommes d’accord, ils étaient donc trois, le cow-boy, le magicien et maintenant le flic à avoir vu cette fille en pantalon de treillis ? Fanny-Laurie, la femme invisible. Fabuleux. Deux schizophrènes et lui, Maxime Dussolier qui présentait des signes avant coureurs de dépression. Car ce qu’il souhaitait à ce moment-là, précisément, c’est que les anciens volcans se réveillent et que leur larve l’engloutisse. Bienvenue dans ce monde de malades et leur quatrième dimension à la con. La foi est l’anti thèse de la logique n’est-ce pas ? En tout cas, Maxime Dussolier n’avait pas d’autre choix que de faire rouvrir le dossier de la disparition de Laurie-Fanny, vingt ans plus tôt et de reprendre l’enquête à zéro.
Bon ben moi, j'vous laisse là, les p'tits loups, c'est the end de la nouvelle, voui au moment où l'intrigue est amorcée. En fait, vous avez assisté à l'accouchement des premières pages d'un nouveau roman -hein quand je vous le disais que vous resteriez sur le c.. ?
Euh, pour me faire pardonner, je dédie "La disparition" à Pat (LauReen), Joe et Chrys qui doivent bien se douter pourquoi, ainsi qu'à vous toutes et tous en remerciements de votre fidélité. Plus qu'à noter les noms dans les comm's de la catégorie, nouvelle (s).
Pis en attendant, vous pouvez toujours lire "Le T-shirt blanc, Meetoc réel" , et même être les premiers servis en le commandant directement aux Editions du Manuscrit (cliquez !!!) où l'équipe que je connais bien, maintenant, assure vraiment ( sinon d'ici un mois en librairie, le temps du référencement Electre)...
Bonne semaine à toutes et à tous, gros bisous, et si le coeur vous en dit, vous pouvez me rejoindre ICI
SOlène
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PS: je répondrai à tous les comm's, en passant sur vos blogs dès que j'aurai un moment pour ça
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